1.1

Évolution de l'activité d'hospitalisation et d'hébergement

En 2016, la durée des séjours a légèrement baissé, même si la complexité des cas à traiter n’a pas diminué. Le taux moyen d’occupation se stabilise à 87%. Il reste toutefois proche des 90% en médecine et dépasse ce seuil aux soins intensifs, alors même que pour des lits de soins aigus un taux optimal se situerait à 85%. Soixante-neuf lits, soit près de 5% des capacités d’hospitalisation, ont été occupés par des patientes et des patients en attente d’un séjour de réadaptation ou d’une place en EMS.

Patients traités et journées de l'exercice

2014 2015 2016 Variation
2015/2016
En moyenne
depuis 2014
Hospitalisation somatique aiguë
Patients traités 38'117 38'938 40'496 4,0% 2,1%
Journées de l'exercice 283'146 287'558 291'562 1,4% 1,0%
Hospitalisation de réadaptation somatique et soins palliatifs
Patients traités 1'622 1'864 2'224 19,3% 12,4%
Journées de l'exercice 34'308 35'006 43'223 23,5% 8,7%
Attentes de réadaptation
Patients traités 1'266 1'111 1'131 1,8% -3,6%
Journées de l'exercice 9'693 7'677 6'923 -9,8% -9,5%
Hospitalisation psychiatrique (y compris alcoologie)
Patients traités 4'290 4'543 4'802 5,7% 4,0%
Journées de l'exercice 103'440 104'253 107'755 3,4% 1,4%
Attentes de placement somatiques
Patients traités 550 560 586 4,6% 2,2%
Journées de l'exercice 10'105 8'813 11'086 25,8% 3,2%
Attentes de placement psychiatriques
Patients traités 227 169 144 -14,8% -12,2%
Journées de l'exercice 12'983 9'266 7'107 -23,3% -15,1%
Hébergement médico-social (Soerensen-La Rosière)
Patients traités 105 128 137 7,0% 10,2%
Journées de l'exercice 31'912 31'960 35'352 10,6% 3,6%
Activité totale
Patients traités 46'167 47'313 49'520 4,7% 2,4%
Journées de l'exercice 485'587 484'533 503'008 3,8% 1,2%

Durée moyenne des séjours

2014 2015 2016
Activité somatique
Aiguë 7,6 7,5 7,3
Réadaptation 22,3 19,9 20,4
Attente de réadaptation 8,0 7,0 6,2
Attente de placement C 20,1 17,4 19,1
Activité psychiatrique
Aiguë et réadaptation 25,9 24,4 23,7
Attente de placement C 59,9 75,0 58,5

​Soins aigus somatiques (+ 4,0%)

Le nombre de séjours d’hospitalisation somatique aiguë a crû de manière accélérée entre 2015 et 2016 : cela représente une augmentation de 4%, contre 1,7% en moyenne les années précédentes.

L’augmentation démographique conduit le CHUV, en tant qu’hôpital de référence de la région lausannoise, à prendre en charge plus de patientes et patients en médecine interne, pédiatrique et obstétrique. La croissance des activités spécialisées est aussi marquée dans les domaines cardiovasculaire et oncologique, indice de la concentration progressive de ces soins vers l’hôpital tertiaire.

Les patients sont hospitalisés pour une durée moyenne de près de 7,3 jours, en diminution par rapport aux années précédentes.

Ouverture de nouveaux lits de réadaptation

La fin des travaux de surélévation du bâtiment de Sylvana fin 2015 a permis de mettre en exploitation 29 lits de réadaptation gériatrique supplémentaires. Le CHUV a donc à nouveau pu prendre en charge lui-même la réadaptation d’un plus grand nombre de ses patientes et patients.

​Occupation inadéquate des lits somatiques

Le nombre de lits occupés dans les unités de soins aigus par des patientes et des patients en attente d’un séjour de réadaptation a diminué par rapport à l’année précédente (19 lits en moyenne contre 21 en 2015). Cette baisse a été particulièrement marquée en début d’année, au moment de l’ouverture des nouveaux lits de réadaptation, mais elle se comble progressivement.

Par ailleurs, 30 lits de soins aigus ou de réadaptation ont été occupés par des patients attendant en moyenne 19 jours de trouver une place en EMS. En moyenne, 49 lits aigus ont été occupés chaque jour par des patients ne requérant plus ce type de soins.

En moyenne, 49 lits aigus ont été occupés chaque jour par des patients ne requérant plus ce type de soins.

En outre, cinq lits en moyenne pendant l’année ont été occupés par des patients qui bénéficient d’une prise en charge de médecine palliative tout en restant dans l’unité de soins où ils étaient hospitalisés auparavant.

​Soins psychiatriques (+ 5,7%)

Le nombre de patients hospitalisés en psychiatrie a fortement augmenté en 2016. Ce surcroît d’activité a pu être absorbé grâce à la baisse générale des durées de séjours, en particulier dans le Service de psychogériatrie du Secteur centre. Celle-ci s’est effectuée sans impact sur le nombre de réhospitalisations dans les 30 jours.

Le nombre de patients devant attendre pour disposer d’une place en EMS ou dans une structure adaptée à leurs besoins a diminué. Les difficultés persistent toutefois pour les patients les plus complexes, qui ont dû attendre en moyenne 58,5 jours.

En 2016, près de 6% des lits des secteurs psychiatriques sont occupés par des patients dans cette situation d’attente (19,5 lits).

Nombre de lits exploités en moyenne dans l'année

2014 2015 2016 Ecart
2015/2016
Médecine 244 248 248 0
Chirurgie 215 219 215 -4
Gynécologie-obstétrique 90 90 98 8
Pédiatrie 120 122 120 -2
Appareil locomoteur 133 131 131 0
Neurosciences cliniques 66 68 77 9
Oncologie 15 15 18 3
Soins intensifs adultes 35 35 35 0
Unités de réadaptation et soins palliatifs 109 110 136 26
Sous-total soins somatiques 1'027 1'038 1'078 40
Sous-total psychiatrie 348 344 344 0
EMS Soerensen-La Rosière 88 89 100 11
Total 1'463 1'471 1'522 51

Taux d'occupation moyen

2014 2015 2016 Ecart
2015/2016
Médecine 89,8% 89,4% 89,4% 0,0%
Chirurgie 82,3% 81,2% 82,1% 0,9%
Gynécologie-obstétrique 80,9% 82,7% 80,7% -2,0%
Pédiatrie 78,5% 75,6% 79,1% 3,5%
Appareil locomoteur 77,3% 74,2% 77,4% 3,2%
Neurosciences cliniques 82,1% 81,2% 72,1% -9,1%
Oncologie 73,7% 77,5% 73,6% -3,9%
Soins intensifs adultes 89,2% 92,4% 91,6% -0,8%
Unités de réadaptation et soins palliatifs 90,2% 90,9% 91,2% 0,3%
Sous-total soins somatiques 83,8% 83,1% 83,3% 0,2%
Sous-total psychiatrie 95,5% 93,8% 95,5% 1,7%
EMS Soerensen-La Rosière 99,4% 98,9% 96,9% -2,0%
Total 87,5% 86,6% 87,0% 0,4%

L’année 2016 a été marquée par :

  • l’ouverture temporaire de 12 lits dans le Service de médecine interne, pendant les trois mois de pic d’activité hivernal ;
  • un renforcement des capacités de la Maternité pour absorber le nombre croissant des naissances (+ 6 lits en moyenne sur l’année) et le développement de l’activité en gynécologie (+ 2 lits) ;
  • la fermeture temporaire entre avril et septembre de cinq lits en chirurgie septique ;
  • la diminution du nombre de lits de chirurgie pédiatrique (- 2 lits) ;
  • l’ouverture progressive de lits somatiques aigus sur le site de l’Hôtel des patients (équivalent de 9 lits annuels) ;
  • l’extension des capacités de prise en charge en oncologie (+ 3 lits) ;
  • la fin des travaux de surélévation de Sylvana, qui a permis de réouvrir 29 lits de réadaptation gériatrique à la fin 2015 (+ 26 lits en moyenne annuelle).

Ces ouvertures, qui totalisent 20 lits somatiques aigus et 26 lits de réadaptation, ont permis d’accueillir plus de patientes et patients et de stabiliser la pression sur le taux moyen d’occupation, qui demeure néanmoins à 87%.

​Secteurs psychiatriques

Les taux d’occupation en psychiatrie restent très élevés (95% en moyenne). Le nombre moyen de lits semble stable entre 2015 et 2016 ; mais cela masque en réalité de nombreux mouvements.

Les taux d’occupation en psychiatrie restent très élevés (95% en moyenne).

Dans la continuité de la politique initiée les années précédentes, dix lits de psychogériatrie ont été fermés en 2016 dans le Secteur centre (région lausannoise). En parallèle, le Secteur nord a pu ouvrir six nouveaux lits en fin d’année 2015. Par ailleurs, une nouvelle Unité de réhabilitation psychiatrique de 18 lits s’est ouverte progressivement durant l’été 2016.

Entre octobre 2015 et janvier 2016, l’EMS Soerensen - La Rosière a mis progressivement à disposition 12 places d’hébergement supplémentaires.

Provenance des patientes et patients hospitalisés

La provenance des patients ne s’est pas profondément modifiée depuis 2004 : les patients vaudois forment le 88% de la patientèle du CHUV. La proportion des personnes provenant des cantons romands augmente progressivement pour se rapprocher des 10%. L’introduction du nouveau système de financement hospitalier favorise le libre passage des patients extra-cantonaux.

2014 2015 2016
Région Lausanne 55,2% 55,3% 53,6%
Reste du canton de Vaud 33,0% 32,8% 34,2%
Cantons romands 9,0% 9,1% 9,6%
Autres cantons suisses 0,9% 0,9% 0,8%
Etranger 1,9% 1,9% 1,8%

Renforcement de la lutte contre les entérocoques résistants à la Vancomycine

Suite à une troisième épidémie d’entérocoques résistants à la Vancomycine (VRE) en chirurgie viscérale, des mesures pérennes ont été prises pour faire face à l’émergence de cette bactérie, empêcher sa propagation et prendre en charge les patients qui en sont porteurs tout en protégeant le reste de la patientèle.

Le Service de chirurgie viscérale, de par la nature de ses interventions, est particulièrement exposé à l’apparition de VRE. Après une période d’essai de trois mois, l’utilisation d’un test rapide de dépistage à l’admission a été abandonné. En effet, il est possible qu’une personne testée négativement devienne, pour diverses raisons, porteuse de la bactérie au cours de son séjour. Désormais, l’ensemble des personnes hospitalisées est soumis à un test hebdomadaire par culture.

Pour accueillir les patients touchés ou suspects, deux unités d’isolement ont été créées.

Pour accueillir les patients touchés ou suspects, deux unités d’isolement ont été créées. Une unité est réservée aux porteurs de VRE. L’autre accueille ceux qui ont eu des contacts potentiels, le temps d’effectuer les contrôles nécessaires. Ces unités ont nécessité des renforts en personnel soignant.

Dans toutes les chambres du service, la fréquence des nettoyages a été augmentée. La formation et la supervision des équipes ont été renforcées. Un suivi du personnel soignant est effectué quotidiennement. En 2017, les chambres à cinq lits seront progressivement remplacées par des chambres à deux lits équipées de leur propre salle de bain. Plus confortables, elles diminueront également les risques de contamination.

Ces mesures entraînent une diminution de la capacité d’accueil du service. Dix lits supplémentaires ont été mis à disposition et d’autres services du CHUV hébergent certains patients. Depuis la fin octobre, une trentaine d’opérations non urgentes ont dû être reportées. Une vingtaine d’opérations urgentes ne nécessitant pas le plateau technique du CHUV ont pu être déplacées vers des établissements partenaires de la Fédération des hôpitaux vaudois, ainsi que des cliniques privées. Le service travaillant déjà à flux tendu, tous collaborent pour résoudre cette situation et son personnel est fortement sollicité.

Communiqué de presse : Le CHUV renforce sa stratégie pour lutter contre les entérocoques résistant à la Vancomycine (VRE)

Intervention par laser in utero contre une tumeur pulmonaire

Le 22 février 2016, deux médecins spécialisés en chirurgie fœtale, les Prof. David Baud, du Département de gynécologie-obstétrique du CHUV, et Luigi Raio, de l’Inselspital à Berne, ont réalisé un exploit rarissime : lors d’une opération au laser dans le ventre de la mère, ils sont parvenus à faire régresser une tumeur pulmonaire qui menaçait la vie du bébé.

La tumeur comprimait le cœur d’un fœtus de moins de 6 mois, ne lui laissant aucune chance de survie. Guidés par échographie, les chirurgiens sont parvenus au laser à coaguler les vaisseaux qui nourrissaient la tumeur. L’intervention était particulièrement délicate, car elle avait lieu à proximité immédiate du cœur et de l’aorte. Mais elle a réussi. La tumeur s’est résorbée, le cœur s’est remis à battre normalement et le poumon sain a pris le dessus. Le bébé, un garçon, est venu au monde en bonne santé le 13 avril 2016.

C’est la première opération de ce genre en Suisse. Dans le monde, seuls 17 cas ont été décrits, avec des résultats mitigés jusqu’ici.

C’est la première opération de ce genre en Suisse. Dans le monde, seuls 17 cas ont été décrits, avec des résultats mitigés jusqu’ici. Ce succès n’aurait pas été possible sans l’étroite collaboration des équipes des deux centres universitaires suisses, pionniers dans ce type de médecine hautement spécialisée.

​Soutien à l’allaitement maternel en néonatologie

Le lait maternel est primordial pour le développement de l’enfant ; les substances immunitaires qu’il contient renforcent ses défenses et le protègent de certaines complications. Son bénéfice est d’autant plus important chez les grands prématurés ou chez les nouveau-nés malades, plus vulnérables.

Le Service de néonatologie admet environ 800 nouveau-nés chaque année. Dans ces situations d’hospitalisations néonatales, la séparation avec la mère, le stress, un accouchement moins favorable à la montée de lait ou des difficultés à téter compliquent fréquemment l’initiation et le maintien de l’allaitement maternel. Seulement 65% de ces bébés sont nourris au lait maternel, contre plus de 90% à la Maternité.

Pour lutter contre cette situation, le service a mis sur pied une Unité de soutien à l’allaitement maternel, sous la supervision de la Dre Céline Fischer Fumeaux, médecin associée, et de Carole Fletgen Richard, infirmière clinicienne. Depuis le 18 avril 2016, des consultations en lactation sont offertes à toutes les mères dont les bébés sont hospitalisés. Huit conseillères se relaient 7 jours sur 7 pour rencontrer les mères, soutenir celles qui le souhaitent et préparer leur retour à la maison.

Les premiers résultats sont encourageants : L’allaitement a été initié pour 91% des nouveau-nés (84% auparavant) ; il s’est poursuivi pour 80% de ces bébés à la sortie de l’hôpital (65%).

L’allaitement a été initié pour 91% des nouveau-nés (84% auparavant) ; il s’est poursuivi pour 80% de ces bébés à la sortie de l’hôpital (65%).

D’autres développements sont en cours, comme le partage d’expérience et le recours à des marraines d’allaitement. L’objectif est d’augmenter et de maintenir un taux d’allaitement de 75-80% à la sortie du service.

​Programme de soins Edgar Morin

Les personnes qui souffrent d’une maladie psychiatrique peuvent rencontrer des difficultés pour accéder à un logement et le garder. Ceci est renforcé par la stigmatisation de ces maladies dans notre société. Avoir de la peine à investir un lieu de vie n’est pas uniquement une problématique sociale, mais aussi une des expressions de la maladie et une source de son aggravation.

C’est dans ce contexte que le Service de psychiatrie générale du CHUV a mis sur pied un programme de soins spécialisé, baptisé « Edgar Morin » en référence à la pensée complexe, à l’éthique de reliance et de résistance. Ce programme comprend une Unité hospitalière de réadaptation de 18 lits « Les Roseaux », dans laquelle sont proposés des séjours d’une durée en principe limitée à trois mois, et une équipe mobile : le Case Management de liaison hébergement (CMLH).

  • Les Roseaux accompagnent les patientes et les patients vers différentes modalités de logement adaptées, crédibles et respectueuses. L’autonomie, la reprise de l’activité et la compréhension de la maladie sont au centre de cet accompagnement.
  • L’équipe du CMLH tente, quant à elle, avec l’aide de partenaires externes, de permettre le maintien d’un logement existant en soutenant activement le patient.

Les équipes pluridisciplinaires de ce programme promeuvent une approche centrée sur les ressources et les difficultés de la personne et soutiennent son autodétermination. Le programme d’accompagnement est défini en équipe, en partenariat avec la personne concernée, ses proches et son réseau de soins.

Programme DDAC (donneur décédé après arrêt cardio-circulatoire) au CHUV

Les donneurs éligibles pour une transplantation sont soit des donneurs vivants, soit des « donneurs en état de mort cérébrale », c’est-à-dire présentant un arrêt complet et irréversible de toutes les fonctions du cerveau. Le plus souvent, ces patients continuent pendant quelques heures à avoir une activité cardiaque, soutenue médicalement, jusqu’au moment du prélèvement. C’est pourquoi on parle également de « donneurs à cœur battant ».

Ces dernières années, le nombre de malades nécessitant une greffe d’organe a considérablement augmenté et les listes d’attente en vue d’une transplantation n’ont cessé de s’allonger. Des programmes de « donneurs décédés après arrêt cardio-circulatoire (DDAC) » se sont alors développés.

Dans ces cas, la mort cérébrale survient suite à un arrêt cardio-circulatoire qui entraîne très rapidement, par manque d’oxygène, un arrêt de toutes les fonctions cérébrales. Dans certaines conditions, un prélèvement d’organes (poumons, reins, foie, pancréas) peut alors être effectué immédiatement après le décès.

En 2016, 14% des donneurs décédés identifiés en Suisse en vue d’une transplantation d’organes étaient des donneurs DDAC.

En 2015, un groupe de travail multidisciplinaire, piloté par le Service de médecine intensive adulte et le Centre de transplantation d’organes, s’est constitué en vue de la mise en place d’un programme DDAC au CHUV. Une simulation a été réalisée avec tous les acteurs impliqués confirmant sa faisabilité.

Le programme a pu démarrer officiellement le 18 mars 2016 avec le soutien de la Direction générale et des autorités politiques, dans le cadre fixé par la loi fédérale sur la transplantation et selon les directives de l’Académie suisse des sciences médicales. De nos jours, des programmes équivalents existent dans les hôpitaux de Zurich, Genève, Saint-Gall et Bâle. En 2016, 14% des donneurs décédés identifiés en Suisse en vue d’une transplantation d’organes étaient des donneurs DDAC.