3.5

Mortalité hospitalière

Un décès qui survient lors d’un séjour d’un patient à l’hôpital constitue un événement important qui oblige une institution à identifir d’éventuels problèmes de qualité des soins.

Les indicateurs de mortalité actuellement utilisés permettent d’indiquer la mortalité spécifique à une maladie ou à un type d’intervention dont le taux de décès peut révéler un défaut de qualité des soins.

L’indicateur de mortalité hospitalière témoigne de la mortalité durant le séjour hospitalier. Il s’agit cependant d’une évaluation partielle. En e et, lorsqu’un patient meurt après sa sortie de l’hôpital, son décès n’est pas pris en compte dans la statistique de l’établissement qui a pris le patient en charge. Plus l’âge d’un patient est avancé, plus le risque de décéder augmente.

Plus l’âge d’un patient est avancé, plus le risque de décéder augmente.

Par ailleurs, cet indicateur est pondéré par un taux attendu de mortalité en fonction de l’âge et du sexe du patient. La prise en compte de ces deux paramètres est très importante : plus l’âge d’un patient est avancé, plus le risque de décéder augmente. Néanmoins, il serait encore plus pertinent de prendre en compte l’ensemble des maladies dont il souffre, par exemple un diabète, une insuffisance cardiaque, une maladie neurologique, etc. L’identification de toutes ses pathologies permettrait de mieux définir le degré de sévérité de la situation d’un patient. Tel qu’il est défini aujourd’hui, l’indicateur de mortalité hospitalière ne prend pas ces éléments en compte. Cette lacune constitue l’une des limites de cet indicateur.

L’indicateur national de mortalité hospitalière est fourni aux hôpitaux par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un délai d’au moins deux ans. Pour analyser des informations plus récentes, le CHUV s’appuie depuis 2015 sur les indicateurs calculés dans le cadre de l’Initiative pour la qualité en médecine (IQM). Cette association allemande pour la promotion de la qualité en médecine est également à l’origine d’une démarche d’analyse des décès par une équipe médico-soignante issue d’autres hôpitaux (voir focus ci-dessous).

Le CHUV s’appuie sur les indicateurs de mortalité hospitalière pour mettre en place des mesures d’amélioration. Par exemple, dans le domaine des accidents vasculaires cérébraux, des mesures ont été prises pour assurer l’orientation précoce des patients vers le CHUV selon l’intensité de leurs symptômes (voir chapitre 4.3).

TAUX DE MORTALITÉ, CHUV 2014, SÉLECTION DES DIAGNOSTICS / INTERVENTIONS AVEC PLUS DE 50 CAS

Lorsque le taux de mortalité hospitalière observé au CHUV est au dessus de la valeur attendue, les équipes cliniques analysent les causes de ce résultat. Pour un certain nombre de situations, le taux élevé s’explique avant tout par la gravité de l’état des patients. En tant qu’hôpital de référence, le CHUV a la responsabilité de prendre en charge les patients les plus sévèrement atteints. L’indicateur de mortalité ne prend cependant pas ce facteur en compte.

Taux du CHUV dans la norme

Taux du CHUV au dessus de la norme

Norme

Nombre de cas

RÉDUIRE LA MORTALITÉ PAR L’ÉCHANGE ENTRE PAIRS

Référente

Anne-Claude Griesser
Directrice médicale adjointe

En 2015, le Service de chirurgie viscérale du CHUV s’est soumis à une démarche de « peer review ». Quinze dossiers de patients décédés ont été examinés.

Quels sont les objectifs dans le domaine de la gestion des événements indésirables pour les années à venir ?

En 2015, le CHUV s’est affilié à l’Initiative pour la qualité en médecine (IQM). Cette a iliation permet d’échanger des données de mortalité avec d’autres institutions et cliniques affiliées, et de voir si ses taux sont dans une fourchette acceptable. Le statut de membre implique aussi de participer à des démarches de « peer review » - ou revue par des pairs.

Analyser les cas de décès à l’hôpital

En Allemagne, où la démarche a été fondée, la procédure de « peer review » consiste à faire examiner les dossiers de patients décédés par des médecins issus d’autres institutions membres de l’IQM. En Suisse, comme le travail d’équipe est au cœur de la qualité des soins, il a été décidé d’associer les infirmières et les infirmiers à cette revue de dossiers. Les équipes médicales doivent mieux coordonner les informations.

Les équipes médicales doivent mieux coordonner les informations.

En novembre 2015, le Service de chirurgie viscérale, dirigé par le Prof. Nicolas Demartines, s’est soumis à la première revue par des pairs tenue au sein du CHUV. Dans un premier temps, treize professionnels issus de trois services de l’hôpital (Service de chirurgie viscérale, Service de médecine intensive adulte et Service d’anesthésiologie) ont examiné quinze dossiers. Ensemble, ils ont discuté des étapes de prise en charge, de la manière dont les décisions cliniques avaient été prises, des traitements réalisés. Ensuite, une équipe de cinq médecins, infirmières et infirmiers d’hôpitaux allemands et suisse alémaniques est venue à Lausanne afin d’analyser les mêmes situations et en discuter avec l’équipe clinique du CHUV.

Plus de discussions et de coordination

Le déroulement de la revue a permis de mettre en évidence plusieurs pistes d’amélioration. L’une d’elles consiste à mieux définir le but d’une hospitalisation, et à mieux mettre à jour les traitements administrés à un patient en fonction de son évolution clinique. Une autre piste met l’accent sur les discussions entre médecins et personnel infirmier, qui doivent être renforcées. Par ailleurs, les équipes médicales doivent également mieux coordonner les informations délivrées aux proches du patient. L’examen des dossiers a montré que les informations qui leur étaient données étaient souvent très bien documentées, mais manquaient de coordination.