La tuberculose cause encore 1,3 million de décès par an et constitue la deuxième cause de mortalité en Afrique subsaharienne, en partie faute de radiographies thoraciques et de tests moléculaires dans les soins de santé primaires. Pour y répondre, le Service des maladies infectieuses – en partenariat avec le Laboratoire pour les technologies intelligentes de santé globale de l’EPFL, le Swiss Tropical and Public Health Institute et des équipes du Bénin, du Mali, d’Afrique du Sud et d’Anvers – a obtenu un financement de 10 millions d’euros du programme Horizon de la Commission européenne pour développer un outil de diagnostic accessible et abordable: l’ultrason pulmonaire assisté par intelligence artificielle. Compatible avec des appareils d’échographie portables branchés sur smartphone, l’algorithme sert avant tout d’outil de tri: très sensible, il détecte rapidement la probabilité de tuberculose et permet, une fois celle-ci écartée, d’orienter vers d’autres pathologies (pneumonie, atteinte cardiovasculaire). Sa force tient à son accessibilité, à son faible coût et à sa technologie, qui autorise du personnel non médecin à interpréter les images – un atout décisif pour les zones rurales où les médecins sont rares. En libre accès, le modèle s’enrichit en continu grâce au partage de données, dans une collaboration réunissant infectiologie, data science, sciences sociales et politique de santé.
Le sepsis demeure une crise sanitaire mondiale, au dépistage difficile et à la prise en charge complexe. Pour y répondre, le Service des maladies infectieuses et le Centre de la science des données biomédicales ont développé un système d’apprentissage fondé sur l’intelligence artificielle, combinant un parcours clinique standardisé avec HERACLES, un algorithme qui évalue toutes les six heures si un cas de sepsis est confirmé, possible ou invalidé, et alimente des tableaux de bord pour guider les équipes cliniques. L’analyse de plus de 97 000 séjours montre, par rapport à des services témoins, une baisse de la mortalité et une amélioration du codage des cas.
En 2025, le Service de dermatologie et vénéréologie a poursuivi sa dynamique d’innovation en médecine personnalisée. L’analyse des profils moléculaires affine les diagnostics et oriente les traitements ciblés, notamment pour les maladies inflammatoires, grâce à une réunion interdisciplinaire hebdomadaire et à l’intégration des rapports dans le dossier patient, gages de traçabilité et de continuité. Le développement d’une application dédiée à l’analyse moléculaire – distinguée par le Prix Pfizer 2025 – soutient la décision diagnostique et thérapeutique, et sa diffusion internationale est en cours auprès de plus de vingt centres européens. Un projet d’intelligence artificielle visant à prédire les profils moléculaires à partir de lames histologiques ouvre de nouvelles perspectives pour la médecine de précision.