Telle est l’ambition de cet axe, qui vise à améliorer les parcours de soins avec et pour les patientes et patients.
Mieux
informer, coordonner, mieux accompagner, c’est tout à la fois favoriser
l’adhésion thérapeutique, enrichir l’expérience de soin et, pour les équipes,
améliorer la qualité de la relation clinique comme celle de la vie au travail.
Cette orientation se traduit, en lien avec le Plan stratégique de santé
publique 2024-2028, par le développement d’une véritable politique de
partenariat avec la patiente ou le patient et par la consolidation des
collaborations avec les acteurs de santé et de l’action sociale, à l’échelle
cantonale et intercantonale.
L’évolution
rapide des traitements et des technologies transforme par ailleurs les
modalités de prise en charge: les durées d’hospitalisation se réduisent, le
recours à l’ambulatoire s’intensifie. L’hôpital doit s’y adapter en développant
des prises en charge multidisciplinaires et des filières coordonnées. C’est
dans ce mouvement que se poursuit l’émergence de pôles d’excellence académiques
et cliniques – après le centre du cancer de la vessie, d’autres voient le jour,
comme le centre du tube digestif.
Les réalisations de l’année 2025 illustrent concrètement cette dynamique, de l’autonomisation des patientes et patients à la prévention, en passant par le développement de l’ambulatoire et le renforcement de la robustesse institutionnelle.
Le Département de psychiatrie élargit ses horizons thérapeutiques. Au Centre vaudois anorexie boulimie (abC), sur le site de Saint-Loup, on croise ainsi Jam, jeune golden retriever certifié, qui accompagne plusieurs fois par semaine sa propriétaire, une psychologue adjointe. Dans le champ des troubles du comportement alimentaire, où le besoin de contrôle des patientes et patients est fort et les prises en charge parfois dans l’impasse, l’animal ouvre une voie nouvelle. «C’est un vrai catalyseur. Il accélère l’entrée dans les soins et le processus de changement», observe la psychologue. Présent aux groupes de relaxation, de mouvement ou en psychothérapie individuelle, Jam apporte du réconfort et aide certaines personnes à exprimer leur ressenti, voire à sortir prendre l’air.
D’autres professionnelles et professionnels du département se forment à leur tour, notamment au Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, tandis que les patientes et patients plus âgés peuvent, dans certains cas, bénéficier de séances d’équithérapie avec les chevaux de la ferme de Cery. Désormais, une procédure de pratique établie sous l’égide du Centre de médecine intégrative et complémentaire (CEMIC) encadre l’ensemble des interventions assistées par animal au sein de l’hôpital.
Inauguré le 1er juin 2025, le Centre du cancer de la vessie est le onzième centre interdisciplinaire d’oncologie du CHUV. Sa vocation: améliorer la qualité et la sécurité des soins en offrant une prise en charge globale et personnalisée, alliant chirurgie spécialisée, thérapies systémiques innovantes – immunothérapie, chimiothérapie – et, lorsque nécessaire, radiothérapie. En Suisse, le cancer de la vessie touche chaque année environ 1300 personnes; tumeur au taux de récidive élevé, il exige une surveillance régulière. Si quelque 70% des personnes touchées présentent des tumeurs superficielles, près d’un tiers sont atteintes de formes invasives, plus graves, qui infiltrent le muscle de la paroi vésicale.
Le Centre repose sur une interdisciplinarité forte: un colloque hebdomadaire réunit urologues, oncologues, radio-oncologues, radiologues, pathologistes, spécialistes de médecine nucléaire et personnel infirmier pour définir, dans chaque situation, la meilleure stratégie thérapeutique. Les patientes et patients bénéficient en outre d’une consultation multidisciplinaire – plusieurs spécialistes réuni·e·s lors d’un même rendez-vous – et de l’accompagnement d’une infirmière référente ou un infirmier référent tout au long du traitement. Au-delà du soin, le Centre s’investit dans la recherche et la formation, illustrant la volonté du CHUV de conjuguer hyperspécialisation et approche centrée sur la personne.
Pour la première fois, un patient du CHUV bénéficie d’une hémodialyse autonome quotidienne à domicile, grâce à l’engagement du Service de néphrologie et d’hypertension. Si l’hémodialyse conventionnelle à domicile existe en Suisse depuis plusieurs années, elle reste très peu pratiquée, faute d’un matériel longtemps complexe et encombrant. L’arrivée début 2025 de machines plus compactes a changé la donne: le service a rapidement adopté cette solution et son équipe infirmière a formé un premier patient à la technique.
L’accompagnement s’est étendu sur six semaines, le temps de transmettre les compétences nécessaires à une pratique autonome – maîtrise du branchement et du débranchement du cathéter, surveillance des séances, gestion des alarmes –, l’équipe du centre de dialyse demeurant joignable à tout moment. Le bénéfice est tangible: là où l’hémodialyse classique impose trois séances de quatre heures par semaine, la version à domicile propose des séances plus courtes (environ deux heures) mais plus fréquentes (cinq à six jours), un rythme plus proche du fonctionnement naturel des reins, mieux toléré et favorable à la qualité de vie. Après un mois, le premier patient, âgé de 34 ans, se disait moins fatigué, avait repris une activité professionnelle à 40% et retrouvé le chemin de la salle de sport. Une étape clé vers une prise en charge plus individualisée de l’insuffisance rénale chronique.
Depuis 2022, l’étude Active@Maternity, menée par la HESAV en collaboration avec le CHUV, souligne l’importance de promouvoir l’activité physique pendant et après la grossesse. Au sein du Service d’obstétrique, les compétences des équipes ont été renforcées par la formation continue et la co-création de ressources. En 2025, ces enseignements ont été adaptés à l’Unité du prénatal: pour les femmes présentant un risque d’accouchement prématuré, une activité physique légère d’au moins 30 minutes par jour est désormais encouragée, les données scientifiques montrant qu’une restriction d’activité élevée accroît les risques pour la santé sans bénéfice supérieur pour la grossesse ou l’enfant.
Pour encourager le mouvement, l’équipe du prénatal a imaginé VitaGrossesse, un circuit santé ludique conçu avec des patientes partenaires au sein de la Maternité: il débute par une séance de cohérence cardiaque en chambre, puis se poursuit dans les étages, où chaque arrêt propose, via un code QR, énigmes et messages de santé publique. En parallèle, l’équipe de physiothérapie du DFME a intégré trente minutes de mouvement à ses séances collectives. Autant d’actions qui contribuent à faire du mouvement l’un des piliers de la santé et du bien-être des femmes enceintes.
En 2025, la consultation d’otologie, audiologie et otoneurologie du CHUV a lancé une activité dédiée aux implants à ancrage osseux et d’oreille moyenne, alternative précieuse pour les personnes ne pouvant bénéficier d’un appareil externe conventionnel. Les premiers transmettent les vibrations sonores à l’oreille interne via l’os temporal, les seconds stimulent directement les osselets; dans les deux cas, un mini-processeur externe capte et transmet les sons après l’intervention.
Les enjeux varient selon les âges de la vie. Décisifs pour les enfants nés avec une malformation de l’oreille moyenne ou du conduit auditif – chez qui une prise en charge précoce conditionne l’acquisition du langage et des apprentissages –, ces implants permettent aux adultes de préserver leur activité professionnelle et aux personnes âgées de maintenir lien social, autonomie et fonctions cognitives, une bonne audition contribuant à protéger ces dernières. Reposant sur un réseau de compétences chirurgicales, audiologiques et otoneurologiques articulé du bilan auditif au suivi à long terme, cette nouvelle activité traduit la volonté du CHUV de bâtir une expertise universitaire solide autour de l’oreille et de l’audition.