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Enseignement et formation

Enseignement et formation

La pénurie de personnel qualifié et le manque de relève, notamment académique, pèsent sur certains domaines. La charge que représentent des carrières à la fois hospitalières et académiques peut freiner les jeunes médecins – en particulier les femmes, désormais majoritaires parmi les personnes diplômées en médecine –, au risque de voir les nouvelles générations privilégier le secteur privé. Mêmes enjeux du côté de la formation dans les soins avec la nécessité d’encourager les vocations malgré la pénibilité du travail et de revaloriser ces filières professionnelles. Des encouragements à la formation, soutenus par le canton ont vu le jour, notamment la démarche "Invespro". Il s'agit d' un plan d’envergure dont s'est doté l'Etat de Vaud pour lutter contre la pénurie de personnel de santé et assurer la qualité des soins de la population. Il prévoit un montant de 90 millions sur quatre ans et se décline en diverses mesures relatives à la promotion et à la formation comme aux conditions de travail. Ainsi, depuis mars le mois de mars 2025, les étudiantes et les étudiants en soins infirmiers pourront solliciter une aide financière complémentaire auprès du canton. Le soutien financier, complémentaire au système des bourses et d’un montant de 800 francs par mois, a pour objectifs d'encourager plus de personnes vers les professions des soins d’une part, et de soutenir celles et ceux dont la situation financière est précaire jusqu'à l'obtention de leur diplôme d'autre part.

Quant à elle, la formation au CHUV se déploie sur deux versants complémentaires: l’enseignement académique, conduit avec la Faculté de biologie et de médecine (FBM) de l’UNIL, et la formation professionnelle et continue, portée par le Centre des formations de l’institution.

Repenser la formation médicale, pour «réenchanter» la profession

Au sein de la FBM, le dicastère «Enseignement et diversité» assure l’interface entre les directions des cinq Ecoles de la faculté, le corps enseignant, les associations étudiantes et les partenaires académiques, autour d’enjeux de pédagogie, d’infrastructures et d’interprofessionnalité. En 2025, fidèle à l’ambition de faire de la formation d’aujourd’hui le levier d’un «réenchantement» de la profession médicale de demain, il a réuni – avec le soutien notamment de l’Ecole de médecine et de l’Ecole de formation postgraduée médicale – un groupe de travail chargé de repenser collectivement la formation et de répondre aux tensions systémiques que rencontrent les jeunes professionnelles et professionnels de santé. Parmi les mesures retenues, la mise en place d’un mentorat longitudinal, du prégrade au postgrade, constitue une priorité déjà engagée.

Des infrastructures d’enseignement innovantes

Face à la croissance des effectifs étudiants et à la complexification des enjeux de santé, le renforcement de la collaboration interprofessionnelle entre les Ecoles s’est imposé comme un axe prioritaire. La transformation du bâtiment de César-Roux 19 en Maison de l’enseignement de la FBM favorisera les synergies entre l’Ecole de médecine, l’IUFRS, l’Ecole de biologie, l’Ecole doctorale et l’Ecole de formation postgraduée médicale. L’ouverture imminente du Centre coordonné de compétences cliniques (C4) permettra par ailleurs d’adapter l’enseignement à l’émergence de nouvelles technologies, en développant notamment l’apprentissage par simulation.

Dans un environnement de santé en évolution constante, le développement continu des compétences est un levier essentiel de la qualité et de la sécurité des soins.

Le Centre des formations: l’apprentissage et la formation continue au CHUV

Au-delà de la formation académique, le CHUV forme aussi par la voie professionnelle. Le Centre des formations de la Direction des ressources humaines coordonne l’apprentissage en voie duale: en partenariat étroit avec les formatrices et formateurs des services, l’institution forme dans 35 métiers et poursuit l’objectif d’atteindre 300 apprenties et apprentis par an, sans rien céder sur la qualité de l’accompagnement. Depuis 2021, plus d’une centaine d’apprenties et apprentis (126 en 2025) achèvent chaque année leur cursus, dont 76% obtiennent un certificat fédéral de capacité (CFC) ou une attestation de formation professionnelle (AFP); en 2025, le score de recommandation du CHUV comme lieu d’apprentissage atteint 86%.

Le Centre déploie également une riche offre de formation continue: plus de 150 cours de courte durée en présentiel – dont la fréquentation a encore progressé en 2025 – et un catalogue d’e-learning de 33 modules, en croissance, portée notamment par la refonte du cours BLS (premiers secours) et par un nouveau cours de matériovigilance. S’y ajoutent des formations certifiantes: un Certificat de management pour cadres, un Certificat d’employé·e administratif·ve et d’accueil dédié à la réinsertion professionnelle, ainsi que plusieurs cursus spécialisés en soins infirmiers (soins intermédiaires et continus, soins pédiatriques, diplômes d’experte ou expert en soins intensifs et en soins d’anesthésie), proposés au CHUV et plus largement en Suisse romande.

La formation postgraduée: le rôle majeur joué par le CHUV

Le CHUV joue un rôle majeur dans la formation postgraduée médicale en Suisse. En 2025, il employait près de 1200 médecins en formation, soit environ 8% de l’ensemble des médecins en formation du pays. Les médecins assistant·e·s et chef·fe·s de clinique adjoint·e·s représentaient ainsi 57% des cliniciennes et cliniciens de l’institution. Près de la moitié d’entre elles et eux visaient une spécialité de premier recours, dont 22% en médecine interne générale, 13% en psychiatrie et 9% en pédiatrie. Les femmes constituaient par ailleurs 59% de cet effectif.

Parmi les 45 titres fédéraux de spécialiste reconnus par l’ISFM, 43 sont représentés au sein des services du CHUV. L’institution contribue ainsi de manière déterminante à la formation de la relève médicale, conformément aux exigences fédérales de chaque discipline.

Le CHUV propose également une offre de formation postgraduée transversale particulièrement appréciée. Ouverts pour la plupart aux médecins en formation de toute la Suisse ainsi qu’aux cadres des autres professions de la santé, ces cours abordent des thématiques variées telles que l’échographie abdominale, le droit médical, l’installation en cabinet, l’annonce de mauvaises nouvelles ou encore la communication des données statistiques.

La Direction des soins: développer les compétences pour les soins de demain

Dans un environnement de santé en évolution constante, le développement continu des compétences est un levier essentiel de la qualité et de la sécurité des soins. La Direction des soins (DSO) soutient la formation tout au long de la carrière, aidant les professionnelles et professionnels à acquérir de nouvelles expertises et à actualiser leurs connaissances au regard des données scientifiques les plus récentes. L’apprentissage ne s’arrête pas au diplôme: devenir et rester experte ou expert suppose une remise en question permanente, l’intégration de pratiques fondées sur les preuves (evidence-based practice) et la recherche de solutions adaptées au terrain. La DSO accompagne ainsi les départements, services et unités dans la définition de leurs priorités de formation, en cohérence avec la Vision Soins.

En 2025, 91 professionnelles et professionnels étaient engagé·e·s dans une formation continue certifiante de niveau CAS, DAS ou MAS; 22 poursuivaient un master (pratiques infirmières spécialisées, sciences cliniques ou de la santé) et cinq un cursus doctoral. Pour rendre ces parcours possibles, 50 équivalents plein temps ont été financés afin de remplacer les collaboratrices et collaborateurs en formation. La formation professionnalisante en cours d’emploi a également été soutenue: 69 soignantes et soignants ont acquis des compétences en soins intensifs, 25 en soins d’urgence, 15 en soins d’anesthésie et 12 dans le domaine opératoire –, tandis que quatre se formaient comme assistantes ou assistants en soins et santé communautaire et 15 préparaient un bachelor en soins infirmiers en emploi.

Cette politique privilégie une approche qualitative, répondant aux besoins propres à chaque spécialité plutôt qu’à une logique purement quantitative. Les directions des soins départementales et la DSO ont co-construit une politique institutionnelle de soutien à la formation, ainsi qu’une plateforme d’évaluation et de priorisation des projets financés; grâce à cette gouvernance partagée, l’ensemble des budgets dédiés à la formation a été pleinement utilisé en 2025. Par cet investissement, la Direction des soins prépare les professionnelles et professionnels aux défis présents et futurs du système de santé, au bénéfice d’une prise en charge fondée sur les meilleures pratiques.

Développement managérial et relève

Le développement des compétences managériales et la préparation de la relève ont constitué un axe fort de l’année, touchant un large périmètre – plus de 1000 médecins et 400 professionnelles ou professionnels des soins. Le programme interne de formation en management des cadres s’est poursuivi pour sa quatorzième année (six volées, 84 participantes et participants), tandis qu’une réflexion s’est engagée sur l’avenir du MicroMBA, suspendu après onze volées pour en redéfinir les contenus et la gouvernance.

L’évaluation des compétences managériales s’est intensifiée, avec 64 assessments (dont 44 internes) et deux dispositifs collectifs dédiés à la relève dans les soins et au sein de la Direction des systèmes d’information. Vingt-deux mandats de coaching ont soutenu les cadres dans leurs pratiques, l’intégration des nouvelles cheffes et nouveaux chefs de service a été renforcée, et le soutien au perfectionnement des médecins prometteuses et prometteurs s’est poursuivi dans un dispositif en cours de refonte, pour plus de lisibilité et d’équité.

Quelques chiffres clés 2025 – Formation

1606

stagiaires, étudiantes, étudiants et apprenti·e·s

54’961

journées de stage dans les soins

1200

médecins en formation

8%

de l’ensemble des médecins en formation du pays