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Implication et développement des professionnelles et professionnels

Implication et développement des professionnelles et professionnels

L’attractivité d’un hôpital universitaire ne se mesure pas seulement à la qualité de ses plateaux techniques ou à la renommée de ses équipes: elle dépend tout autant de la manière dont l’institution accompagne ses collaboratrices et collaborateurs, soutient leur autonomie et fait évoluer ses pratiques de travail. En 2025, plusieurs initiatives, portées par différents départements, ont concrétisé cette ambition.

Accompagner et soutenir l’entrée dans la vie professionnelle

L’intégration des novices constitue un enjeu majeur: chaque année, 100 à 150 nouvelles personnes diplômées issues des hautes écoles de la santé lausannoises commencent leur vie professionnelle au CHUV. Or la transition entre le statut d’étudiante ou étudiant et les premiers pas dans la profession est unanimement reconnue comme une période exigeante – et déterminante, puisque s’y acquiert le socle de compétences nécessaire à une pratique sûre.

Fruit de seize mois de travaux impliquant des dizaines de cadres, cliniciennes et cliniciens, formatrices et formateurs, un nouveau modèle institutionnel d’intégration des primo-emplois HES a été élaboré. Fondé sur la littérature, l’expérience du CHUV, l’intelligence collective et l’implication du Comité jeunesse de la Direction des soins, il a été testé lors d’une phase pilote fin 2024, avant son déploiement dans l’ensemble des services cliniques dès l’automne 2025. Etendu sur 24 mois, il prévoit cinq formes d’accompagnement complémentaires: jumelage, parrainage, mentorat, tutorat et soutien structuré de la hiérarchie.

Introduction de l’auto-planification du corps soignant

Pour répondre aux attentes en matière d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l’auto-planification des horaires soignants, initiée par les équipes du Centre de transplantation, a été étendue à plusieurs services – entre autres aux soins intensifs, en chirurgie viscérale et septique, en médecine dentaire ainsi qu’en ORL et chirurgie cervico-faciale. Les collaboratrices et collaborateurs y inscrivent elles-mêmes et eux-mêmes leurs plages horaires dans un outil dédié, deux mois à l’avance, en respectant les besoins et les règles de bonne pratique de leur service.

Un processus de validation en plusieurs étapes garantit ensuite l’équité, le respect des rythmes de travail et l’équilibre des compétences au sein des équipes. Le dispositif donne le meilleur de lui-même là où la communication entre membres est fluide, et a même suscité des innovations de terrain: en chirurgie viscérale, un infirmier a développé, à l’aide de l’intelligence artificielle, une application mobile facilitant les inscriptions; en chirurgie septique, un SharePoint permet une utilisation externe respectueuse de la protection des données. Malgré quelques défis ponctuels, l’auto-planification est appréciée et soutenue par les équipes, qui contribuent à son amélioration continue – le partage d’expériences et d’outils entre services ayant favorisé un déploiement serein.

L’attractivité d’un hôpital universitaire dépend aussi de la manière dont l’institution accompagne ses collaboratrices et collaborateurs, soutient leur autonomie et fait évoluer ses pratiques de travail.

«Je M’intègre»: un programme d’intégration aux soins pour les personnes réfugiées

Renforcer l’attractivité du métier d’assistante ou assistant en soins et santé communautaire (ASSC) auprès de personnes réfugiées allophones, dans une perspective de relève: tel est l’objectif du programme «Je M’intègre», mené en 2025 dans le cadre d’un partenariat entre la Direction générale de la cohésion sociale (DSAS), le Centre social d’intégration des réfugiés (CSIR), la Direction des soins et le Centre des formations du CHUV.

Sur dix candidates ou candidats présélectionné·e·s par le CSIR, neuf ont été admis·es à ce programme combinant stages d’observation dans les soins, cours de français et ateliers pédagogiques. A son terme, deux personnes sont entrées directement en formation (CFC d’ASSC), deux se sont réorientées et cinq poursuivent un accompagnement. Une première expérience riche d’enseignements pour la reconduite de tels dispositifs.

«Osons ensemble»: une culture du soin en mouvement au Département femme-mère-enfant

Face à un contexte hospitalier en pleine mutation, la Direction des soins du Département femme-mère-enfant (DFME) a lancé une initiative, «Osons ensemble», destinée à faire évoluer la culture de travail des équipes soignantes pour y redonner du sens, du plaisir et de la cohésion. La démarche s’inscrit dans une volonté de transformation culturelle durable, alignée sur la vision de la Direction des soins du CHUV.

Engagée dès 2023 à travers des forums des soins et des ateliers collaboratifs réunissant l’encadrement soignant élargi, elle s’organise autour de quatre axes: assurer la sécurité psychologique, travailler ensemble, valoriser ce qui fonctionne et promouvoir l’esprit entrepreneurial. Plutôt que de grands bouleversements, c’est la politique des petits pas qui prévaut: remercier de vive voix, oser demander de l’aide, cultiver le feed-back positif ou créer des synergies entre unités. Un démarrage en septembre 2025 a marqué le passage à la phase opérationnelle, chaque cadre soignant co-construisant alors avec son équipe un plan d’action et ses priorités.