Le 8 mai 2025, le conseiller fédéral Beat Jans, chef du Département fédéral de justice et police, accompagné de la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la santé et de l’action sociale, s’est rendu à l’Unité de médecine des violences (UMV) du CHUV. Reconnu comme centre de référence en Suisse pour ce type de prise en charge, le CHUV a présenté à cette occasion un dispositif fondé sur la collaboration étroite entre les équipes médicales, infirmières, juridiques et sociales.
Au fil de la visite, le conseiller fédéral a suivi le parcours concret des victimes, de leur arrivée aux urgences jusqu’à la consultation médico-légale spécialisée assurée par l’UMV et le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML). Il a pu échanger directement avec les professionnelles impliquées ainsi qu’avec une représentante du Ministère public. Elaborée au CHUV puis étendue en 2020 à l’ensemble des hôpitaux d’intérêt public du canton, cette procédure permet une prise en charge complète des victimes, femmes ou hommes, sans qu’elles aient à répéter à plusieurs reprises le récit de leur agression.
La visite s’inscrivait dans le contexte de la révision en cours de la législation fédérale sur l’aide aux victimes. Mis en consultation à l’automne 2024 et adopté fin 2025, le projet fédéral entend encourager une meilleure prise en charge médico-légale dans tous les cantons, en s’inspirant notamment des bonnes pratiques développées au CHUV.
Rattaché au Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), le Laboratoire suisse d’analyse du dopage (LAD) réalise depuis 1990 les analyses destinées à déceler la présence de substances interdites dans les échantillons biologiques qui lui sont confiés. En 2025, il a franchi le cap des trente-cinq ans, fort d’un statut singulier: il demeure le seul laboratoire de Suisse à analyser des échantillons biologiques à des fins antidopage, et compte parmi la trentaine de laboratoires accrédités dans le monde par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Du reste, le 18 novembre 2025, le Grand Conseil vaudois a approuvé un crédit de 66,86 millions de francs pour la construction et l’équipement d’un bâtiment destiné à réunir l'Institut de radiophysique (IRA) et le Laboratoire suisse d’analyse du dopage (LAD), aujourd’hui hébergés dans des locaux loués dont les baux échoient à l’horizon 2028.
Chaque année, sa trentaine de collaboratrices et collaborateurs – pour la plupart scientifiques et techniciennes ou techniciens en analyses biomédicales – examinent quelque 20 000 échantillons anonymes d’urine et de sang, provenant de plus de 130 organisations antidopage partenaires réparties dans une centaine de pays. A l’échelle mondiale, le taux d’échantillons positifs demeure stable, autour de 1 à 2% des quelque 250 000 tests effectués chaque année. La fiabilité des résultats, dans le respect de délais souvent serrés, repose sur une exigence constante de qualité des processus.
Les méthodes d’analyse n’ont cessé de progresser. En collaboration avec la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, le laboratoire mène de nombreux projets de recherche pour affiner les techniques analytiques et forensiques et découvrir de nouveaux biomarqueurs. Pionnier du premier module hématologique du passeport biologique de l’athlète (PBA) en 2008, le LAD contribue aujourd’hui, sous l’égide de l’AMA, à un outil devenu incontournable de la stratégie mondiale antidopage, fondé sur le suivi à long terme des paramètres biologiques plutôt que sur la seule détection directe d’une substance.
Le 4 juin 2025, en marge du 9e Congrès mondial du SIDIIEF à Lausanne, une délégation de l’Hôpital Montfort (Ottawa) a officiellement remis au CHUV la désignation d’«Organisme vedette en pratiques exemplaires» (OVPE), décernée par l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO). Cette reconnaissance salue le travail des soignantes et soignants du CHUV en faveur de pratiques fondées sur des données probantes. Elle s’inscrit dans la continuité d’un mentorat assuré depuis 2022 par l’Hôpital Montfort, unique centre hospitalier universitaire francophone de l’Ontario.
Le label poursuit un double objectif: instaurer une culture de développement continu des soins et renforcer le rôle des soignantes et soignants de première ligne dans l’amélioration des pratiques cliniques. Dans ce cadre, le CHUV s’est engagé à implanter trois lignes directrices de bonnes pratiques. Deux le sont déjà dans des services pilotes – la promotion de l’allaitement au Département femme-mère-enfant et la gestion proactive de l’élimination urinaire et fécale au Département de médecine. La troisième, consacrée à la transition dans les soins et les services, est en cours de déploiement dans l’ensemble de l’institution, pour une finalisation attendue au second semestre 2026.
Au-delà de la reconnaissance, cette désignation intègre le CHUV à une communauté internationale engagée dans l’amélioration continue des soins et contribue à faire évoluer les bonnes pratiques, au service des patientes, des patients et de leurs proches.
Une lésion de la moelle épinière – qu’elle soit d’origine traumatique, infectieuse, vasculaire, inflammatoire ou tumorale – bouleverse durablement la vie des personnes qu’elle touche. Paraplégie ou tétraplégie, troubles moteurs visibles, mais aussi atteintes moins connues de la sensibilité ou des fonctions intestinales, urinaires et sexuelles: ces conséquences multiples appellent une prise en charge hautement spécialisée et un suivi de proximité à long terme, faute de quoi des complications parfois graves peuvent survenir.
Pour répondre à ce besoin, le CHUV et le Centre suisse des paraplégiques (CSP) de Nottwil (LU) ont uni leurs forces. Aux termes d’une convention signée en 2024, une consultation ambulatoire de paraplégiologie a vu le jour au sein du Service universitaire de neuroréhabilitation (SUN) du CHUV. L’enjeu: regrouper en Suisse romande, et en français, une offre de soins spécialisés jusqu’alors éloignée, en épargnant aux patientes et patients de fréquents déplacements à Nottwil – la rééducation initiale continuant, elle, de s’y dérouler.
Concrètement, une équipe de thérapeutes du CSP – quatre physiothérapeutes et quatre ergothérapeutes, en alternance – se rend au CHUV trois jours par mois. La consultation, coordonnée entre le CHUV et le CSP, se déroule en deux temps: une rencontre réunissant l’ensemble des spécialistes, puis des consultations individuelles. La présence des infirmières et infirmiers de ParaHelp permet d’envisager, lorsque c’est utile, un accompagnement jusqu’au domicile, tandis que le réseau du CSP facilite l’accès au sport adapté, à l’aménagement du logement ou au soutien social. A terme, cette consultation conjointe pourra accueillir quelque 200 patientes et patients blessé·e·s médullaires chaque année.
En 2025, deux entités du CHUV ont été reconnues «centres de référence pour les maladies rares» par la KOSEK, l’organe de coordination nationale dans ce domaine. Ces désignations confortent le rôle du CHUV dans la prise en charge de pathologies complexes et peu fréquentes, qui exigent une expertise pointue et un suivi coordonné.
Le Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS) a ainsi été désigné centre de référence pour les maladies rares du sommeil. Il devient l’un des cinq centres reconnus en Suisse – et le seul de Suisse romande – pour le diagnostic et la prise en charge de pathologies telles que la narcolepsie. Au-delà de la reconnaissance, cette accréditation accroît la visibilité du centre et facilitera le recrutement de patientes et patients pour les études consacrées à ces maladies.
De son côté, le Service de néphrologie et d’hypertension a été reconnu centre de référence pour les maladies rares du rein. Il prend en charge l’ensemble des maladies rares et génétiques du rein, du diagnostic aux traitements les plus récents, en étroite collaboration avec la néphrologie pédiatrique – pour assurer la transition entre l’enfance et l’âge adulte – ainsi qu’avec le Centre de transplantation d’organes.