3.1

Sécurité interventionnelle

En s’appuyant sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une chirurgie plus sûre afin d’épargner des vies, le CHUV a introduit une checkliste de sécurité. Les équipes médico-soignantes doivent la remplir avant toute intervention chirurgicale et acte interventionnel. Cette procédure vise à prévenir les erreurs de site opératoire, les infections ou les oublis de corps étrangers. Toujours plus de checklistes sont remplies à 100 %.

Toujours plus de checklistes sont remplies à 100 %.

Plus spécifiquement, la checkliste a pour objectifs :

  • d’améliorer la sécurité interventionnelle en intégrant dans les pratiques des équipes, la véri cation croisée de di érents points critiques de sécurité ;
  • de renforcer la communication et le partage des informations au sein des équipes travaillant au bloc opératoire ou interventionnel.

La liste comprend une succession d’étapes déclinées en activités, telles que le contrôle de l’identité du patient, le contrôle du marquage du site opératoire, la disponibilité du bon matériel, le comptage des compresses, etc. Pour chaque intervention dans un bloc opératoire, elle est considérée comme remplie à 100 % lorsque tous les éléments de toutes les étapes sont renseignés.

Mise en place en 2010 et informatisée début 2013, cette procédure présente un nombre toujours plus important de checklistes remplies à 100 % par les équipes médico- soignantes.

Checkliste interventionnelle, évolution depuis début 2013

L’exigence de cet indicateur est très élevée: pour chaque intervention, il faut procéder à près de 40 actions de sécurité, chacune devant être documentée. Dès le second semestre 2013, la liste est au moins partiellement remplie pour 100% des interventions. Au second semestre 2015, elle a été renseignée de façon exhaustive pour 87,3% des interventions.

Objectif

Proportion d'interventions avec tous les éléments de la checkliste renseignés au dessus de l'objectif

Proportion d'interventions avec tous les éléments de la checkliste renseignés en dessous de l'objectif

Nombre d'interventions

"Nous avons adapté la checkliste à la chirurgie ambulatoire"

Interview

Prof. Jean-Blaise Wasserfallen
Directeur médical

Afin d’augmenter encore le taux de saisie de la checkliste interventionnelle, le CHUV a participé au projet pilote Progress! Ce programme a permis de créer un document adapté aux opérations ambulatoires.

L’indicateur de la checkliste interventionnelle dit qu’en 2015, près de 90 % des listes ont été complétées. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Cela veut dire que près de 90 % des checklistes ont été totalement remplies, et que les autres ne l’ont été que partiellement. Certaines situations ne permettent pas de renseigner tous les critères, or il su it qu’il en manque un pour que la liste ne soit pas comptabilisée comme complète.

Pourquoi certaines checklistes ne sont-elles pas complètes ?

Il y a parfois le facteur humain, qui fait qu’on oublie la liste dans le feu de l’action, mais il y a surtout des facteurs techniques : pour certaines interventions, la première checkliste est trop complexe. C’est pour cela que nous avons participé au programme Progress ! , lancé par la Fondation pour la sécurité des patients. Ce projet nous a permis d’adapter la procédure aux interventions simples, et de garantir une application correcte et systématique de la checkliste interventionnelle.

Comment avez-vous mené ce projet ?

Nous avons travaillé sur l’Hôpital de l’enfance et son bloc opératoire de trois salles. Pendant dix-huit mois, nous avons mis au point un modèle de liste adapté aux opérations ambulatoires. Les informaticiens ont trouvé une solution assez simple : sur la liste de vérification, 2 dans l’application informatique du bloc opératoire, on coche « ambulatoire », ce qui réduit automatiquement le nombre de critères à remplir. Nous voulons garantir une application systématique de la checkliste interventionnelle.

Nous voulons garantir une application systématique de la checkliste interventionnelle.

La mise en œuvre du projet a-t-elle été difficile ?

Le problème principal consiste à trouver le temps nécessaire. Un tel projet se fait à la marge de l’activité quotidienne. Il faut que toutes les collaboratrices et collaborateurs soient formés, et que chacun s’investisse. Il suffit qu’une personne soit aux abonnés absents, et tout ralentit. La mise en œuvre de Progress! est cependant bornée dans le temps par la Fondation sur la sécurité des patients. Nous devions obéir à des étapes incontournables. Nous avons donc chargé une coordinatrice de suivre l’ensemble et d’obtenir ce qu’il fallait dans les délais. Mener un tel projet n’est jamais facile, mais nous avons abouti. Notre travail a d’ailleurs rencontré un bon écho dans la presse.

Quelle suite allez-vous donner à ce travail?

Nous avons l’intention de déployer la liste simplifiée dans les autres blocs opératoires du CHUV, notamment à la Maternité, à l’Hôpital orthopédique et au Centre de chirurgie ambulatoire de Beaumont 24. Le danger d’un programme comme Progress!, c’est que les bénéfices que vous récoltez s’estompent une fois le projet terminé. Au CHUV, nous avons la garantie de pouvoir les faire fructifier parce que la checkliste est informatisée. Si la courbe de remplissage fléchit dans un département de l’hôpital, nous allons tout de suite le voir sur notre tableau de bord. Les résultats sont ensuite discutés en réunion entre la Direction générale et la Direction du département concerné, afin de décider comment intervenir. Informatiser les indicateurs fait partie de la philosophie du CHUV. Si vous voulez suivre les données, il faut les informatiser. Sans cela, les récolter demande trop de ressources.