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Développer les systèmes informatiques

En 2018, tandis que l’outil de prescription Soarian s’est définitivement installé au cœur de l’activité clinique, l’évolution du système d’information du CHUV s’est poursuivie. Par ailleurs, afin de travailler sur les informations récoltées par les applications informatiques sur les patientes et patients, une équipe de recherche en exploitation des données a pris place au sein de la Direction des systèmes d’information (DSI).

Soarian: un outil au cœur de l’hôpital

Conformément au planning, l’année 2018 marque officiellement la fin de la phase de déploiement de l’outil de prescription Soarian au sein du secteur stationnaire du CHUV. Certaines unités ne sont cependant pas encore équipées, soit parce que les travaux préparatoires se révèlent plus importants (en onco-hématologie ou en oncologie pédiatrique), soit parce que les outils déjà en place nécessitent le développement de stratégies particulières pour limiter les discontinuités des ordres (par exemple, aux soins intensifs).

Soarian se trouve maintenant au cœur de l’activité clinique du CHUV: documentation, ordres, médicaments, plans de soins ou autres consultations sous-tendent au quotidien l’activité des professions soignantes. Les quelques interruptions de service (nuits de maintenance informatique, bugs, etc.) ont rappelé l’importance désormais cruciale de ce système pour l’ensemble de l’hôpital.

Chaque mois, Soarian c’est:

  • près d’un million de formulaires remplis;
  • 800’000 ordres (médicaments, soins, laboratoires, radio, etc.);
  • 3,5 millions de résultats présentés aux utilisatrices et utilisateurs.

Mi-2018, un projet de suite nommé «Soarian phase II» a été lancé pour une durée de deux ans. Les objectifs principaux de ce projet sont:

  • la consolidation et la simplification de l’utilisation de Soarian;
  • le déploiement de la prescription dans les consultations ambulatoires, en amont des périodes d’hospitalisation;
  • le déploiement de quelques nouvelles fonctionnalités, telles que plan de soins graphique, réconciliation médicamenteuse;
  • la mise en place d’une organisation pérenne appelée à gérer le système d’information clinique à long terme.

Par ailleurs, dans le cadre du nouveau plan stratégique du CHUV 2019-2023 et de sa déclinaison dans le schéma directeur de la DSI, différents projets seront menés, tant par les métiers que par la DSI.

Ces projets viseront à:

  • mieux utiliser les données cliniques saisies dans Soarian;
  • éliminer les saisies multiples;
  • moderniser le système d’information clinique (SI).

Architecture du système d’information: un processus complexe qui implique tous ses acteurs

Le système d’information (SI) joue un rôle de soutien toujours plus critique pour les activités de l’hôpital. Il est donc primordial qu’il puisse s’adapter aux pratiques de soins en constante évolution, aux nouveaux équipements et aux technologies qui leur sont associées, de même qu’à l’ouverture progressive de l’hôpital vers l’extérieur (dossier électronique de la patiente ou du patient, interactions avec les patientes et patients ainsi que les professionnelles et professionnels de la santé), aux évolutions du cadre réglementaire et à la lutte contre l’obsolescence.

L’approche proposée par l’architecture d’entreprise permet de faciliter la transformation du système d’information. La connaissance des différentes couches qui le composent en est le fondement: processus métier, fonctionnalités utilisées, applications, données manipulées et échangées, composants techniques et réseau. Cet ensemble d’activités et de pratiques permet d’anticiper l’impact des changements et de rationaliser l’ensemble des applications informatiques. Il vise aussi à contenir la complexité et à faciliter les changements vers un système cible.

Qu’est-ce que l’architecture d’entreprise?

L’«architecture d’entreprise» (AE) est un ensemble d’activités et de pratiques qui soutiennent la transformation du système d’information en facilitant la communication et la coordination entre les acteurs (métiers, responsables de domaines, cheffes et chefs de projets, cheffes et chefs de produits, expertes et experts, administratrices et administrateurs techniques, etc.).

Ses objectifs:

  • faciliter l’évolutivité du système d’information existant et futur;
  • améliorer la performance et la pertinence des projets de système d’information;
  • optimiser, voire rationaliser l’ensemble des applications informatiques;
  • améliorer la gestion et la cohérence du patrimoine de données de l’entreprise.

L’un des objectifs du schéma directeur 2014-2018 «Architecture du système d’information» était d’introduire ce type de processus à la Direction des systèmes d’information (DSI). Cela a permis de créer et de pourvoir un poste de coordination de l’architecture, et de définir les activités prioritaires à entreprendre. La personne qui travaille à ce poste fait le lien entre les équipes de la DSI qui gèrent les différentes couches du système d’information. Elle coordonne également les travaux définis dans les activités d’architecture.

Parmi les premiers résultats figure la réalisation d’une cartographie centrée sur l’ensemble des applications informatiques, dont la mise à jour est entièrement automatisée. La formalisation de processus de gestion des composants du système d’information (applications, serveurs, interfaces) en est le prérequis.

L’acquisition en 2018 d’un outil de master data management permettra de gérer de manière centralisée les données de référence du CHUV avec un haut niveau de qualité, et de les diffuser vers les applications consommatrices.

Modèle en couches

Sécurité informatique: une plus grande résilience face aux pannes

La fin du plan stratégique 2014-2018 a vu l’aboutissement des grands projets de mise en place, dans les data centres du CHUV, d’infrastructures de haute disponibilité. Ces dernières permettent de conserver les données simultanément dans les deux salles informatiques principales, et de distribuer les traitements sur les deux sites. Leur installation permet d’améliorer la résilience face aux pannes.

Au mois de mars 2018, au cours d’un week-end, un test de continuité de grande ampleur a été réalisé. Il consistait à déplacer les applications critiques d’une salle informatique à l’autre, sans coupure pour les utilisatrices et utilisateurs. Les infrastructures de haute disponibilité permettent également de réduire l’impact des interventions de maintenance, et de protéger le CHUV contre la perte des données en cas d’événement grave dans une salle informatique, tel qu’un incendie ou une inondation.

Le processus de gestion des crises informatiques est désormais opérationnel.

Après le choc du virus informatique WannaCry en 2017, la lutte contre la cybercriminalité s’est poursuivie en améliorant de façon constante les processus de détection et de gestion des incidents de sécurité au CHUV. Le processus de gestion des crises informatiques est désormais opérationnel. Une formation conjointe avec le piquet d’exploitation du CHUV a été organisée en 2018.

Par ailleurs, une étude a été menée sur l’utilisation de services hébergés ou «cloud» au sein du CHUV. Cette enquête a mis en évidence une forte utilisation de ces services, comme dans toute grande entité. En conséquence, la Direction des systèmes d’information a lancé un programme d’encadrement de ces pratiques.

Entré en vigueur en mai 2018, le nouveau Règlement européen sur la protection des données (RGPD) a mis en lumière les problèmes de gestion des données personnelles sur le plan européen. Les lois suisses, auxquelles le CHUV est astreint, seront adaptées en conséquence; des travaux de préparation ont débuté en 2018, avec la mise en place d’un groupe de travail multidisciplinaire.

Mise en service du Datawarehouse de recherche clinique

Lancé dans le cadre du schéma directeur des systèmes d’information 2014-2018, le projet de création d’un Datawarehouse de recherche clinique (DWH-RC) arrive en phase de production.

Le Datawarehouse de recherche clinique intègre de façon consolidée les informations des patientes et patients en provenance des différentes applications du système d’information du CHUV. Il va faciliter l’exploration et l’utilisation de ces données par les médecins à des fins de recherche.

Minutieux et de longue haleine, ce travail a été rendu possible par l’engagement de différentes équipes de la DSI, informaticiennes, informaticiens et spécialistes du data management.

Le Datawarehouse

Le Datawarehouse a la capacité de traiter de façon consolidée les informations de 1,9 million de patientes et patients, 255 millions d’analyses de laboratoires, 4,2 millions de diagnostics, 6,7 millions de séjours, 28 millions de mouvements.

Le Datawarehouse est l’un des composants de la plateforme HORUS. Il permettra au CHUV de déployer progressivement des outils de science des données, pour un travail d’analyse et de prédiction. Son cadre respecte toutes les lois et directives en vigueur, qui régissent la sécurité de l’accès aux données des patientes et patients.

A cette fin, diverses techniques de sécurité informatiques, outils et applications, telle une application de gestion des consentements, seront mis en service durant l’année 2019.

Nouvelle équipe «Data science et recherche» à la DSI

En juillet 2018, suite à l’intégration de collaboratrices et collaborateurs en provenance du Département de la formation et de la recherche (DFR), une équipe «Data science et recherche» a été créée à la DSI. Cette équipe multidisciplinaire est composée de data analysts, data managers, data scientists, développeuses, développeurs, cheffes et chefs de projets. Elle permettra de soutenir les chercheuses et chercheurs dans la réutilisation des données cliniques pour leurs projets de recherche.

Dans ce domaine, l’année 2018 a permis:

  • de mettre des données cliniques à disposition d’une centaine de projets de recherche;
  • de travailler sur le développement d’applications directement reliées au Datawarehouse de recherche clinique. On peut citer, par exemple, une application de gestion des projets et des consentements pour la recherche, ou un système de gestion des informations de laboratoire (LIMS) pour la gestion des échantillons biologiques;
  • d’effectuer les premiers pas dans l’appréhension des technologies des capteurs de santé mobiles (IOT) dans le cadre du soutien au projet Neurotech;
  • de participer aux travaux de recherche au sein d’initiatives nationales d’interopérabilité des données (SPHN) ou d’un projet international comme le Human Brain Project.